14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 05:32

 

Et c’était comme son cocon à elle, cet endroit, où il n’y avait plus à craindre la moindre poussière du dehors, où on se retrouvait entre gens du même monde, avec les mêmes vêtements et les mêmes idées politiques, garantissant à chacun la douceur du prochain, de ce genre de prochain qu’aucun d’entre eux ne peine à aimer comme lui-même, puisque c’est le même. Habillés tous pareil, coiffés tous pareil, déjeunant tous pareil au Cercle Marin, les hommes aux cheveux rasés sur la nuque et les femmes affublées d’un serre-tête composent un peuple fantasque, irruption d’un passé qui n’a sûrement jamais existé mais qu’ils sont certains de représenter et de transmettre encore, une sorte de France antique et royaliste, et comme encore secouée par l’affaire Dreyfus.

 

Tanguy Viel - Paris-Brest 

 

Cocon

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Publié par Christw - dans Pages marquées
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Tania 14/05/2014 14:43

Du pareil au même. Le ton de cet extrait me rappelle la fin des "Choses" de Perec.

Christw 15/05/2014 10:17

A force de mettre de l'ordre dans les commentaires, je finis par les placer en désordre : nouvel Overblog ne permet pas de les corrige, semble-t-il.

Christw 15/05/2014 10:11

Voilà qui me pousse à l'expérience Emond. Guibert a aussi écrit sans ponctuation.

Bonne journée, Tania, le soleil arrive.

Christw 15/05/2014 10:10

Merci, Tania, d'apporter des éléments pertinents en commentaire.
Il est sûr que Viel s'inscrit dans une tradition du nouveau roman.
Je vois un entretien de Viel (à propos de La disparition de Jim Sullivan) où il évoque une contrainte oulipienne :
http://www.dailymotion.com/video/xy0xqe_roman-oulipien-contrainte-ludique_news

Je reviens un instant sur un billet précédent (Phallocratie) où vous établissez un rapprochement entre l'écriture de Paul Emond (« La danse du fumiste ») et Alan Pauls. Ayant parcouru un extrait du premier, je constate qu'à la différence du belge, Pauls ponctue régulièrement ses textes de points finaux, de points de chute. Il est permis de s'«asseoir», de prendre, si elle n'a pas été bien comprise, la phrase en vrac, sens esquissé, et de la relire pour la démêler définitivement. Et la trouver belle et bonne, grâce justement à sa structure compliquée. Entre deux points, il y a chez Pauls une « matière » bien définie, complexe mais délimitée. Chez Emond, on court, on court et si l'effet de est transitoirement semblable, il doit s'installer, outre l'effet général voulu, un essoufflement désagréable. Je ne saurais l'apprécier si je ne tente la lecture complète de cette danse.

Tania 15/05/2014 09:06

Ces rapprochements poussent à changer l'angle de lecture, parfois, merci de les prolonger.
Dans ce roman de Paul Emond, l'absence du point final dérange au premier abord, or peu à peu il s'agit non pas de courir mais d'accorder son souffle à celui du narrateur-conteur, les pauses viennent alors assez naturellement. (Il faudrait que je reprenne le texte sous les yeux, c'est l'impression qui me reste en mémoire.)

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