20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 06:37

 

Si vous lisez des réclames pour des livres dans les journaux du XVIIIè siècle, vous serez frappé par l'accent mis sur sur le matériau fondamental de la littérature: Imprimé sur le meilleur papier d'Angoulême. Cette accroche commerciale serait impensable aujourd'hui où les lecteurs prêtent rarement attention à la qualité du papier dans les livres. Au XVIIIè siècle, ils trouvaient souvent des taches formées par les gouttes tombées d'un cadre volant mal tenu ou des fragments de jupon qui n'avaient pas été convenablement broyés. Des remarques portant sur le papier reviennent si souvent dans les lettres des imprimeurs - (...) - que je pense qu'il existait une forme particulière de perception consciente du papier en Europe au début de l'époque moderne. Cette perception a dû disparaître avec l'avènement au XIXè siècle du papier fabriqué mécaniquement à partir de pulpe de bois. Mais, dans les époques antérieures, les gens regardaient le substrat du livre et pas simplement le message verbal. Les lecteurs discutaient des degrés de blancheur, de la texture et de la souplesse du papier. Ils usaient d'un riche vocabulaire esthétique pour en décrire les qualités, un peu comme on le fait aujourd'hui pour le vin.

 

Apologie du livre - Robert Darnton (Gallimard) (Traduit de l'anglais USA).

 

6757575-verre-de-vin-rouge-et-raisins-sur-la-texture-du-vie.jpg

Partager cet article

Repost 0
Publié par Christw - dans Pages marquées
commenter cet article

commentaires

Tania 25/10/2012 09:18


Intéressant, cet extrait, merci - je note titre et auteur. La qualité du papier, la beauté de l'objet-livre, j'y suis sensible. Il y a des différences même entre les collections de poche
actuelles : la couleur du papier et sa douceur au toucher, la typographie... 
Je comprends la passion des bibliophiles, mais j'aime avant tout glisser un livre dans mon sac, dans une poche, y écrire des notes, y souligner - quand le texte est bon !

keisha 20/10/2012 18:53


Ah mais je savais bien que je reconnaissais ce texte. Comme Dominique, j'ai été passionnée par ce livre (et étonnée de sa facilité de lecture, l'auteur sait vraiment se mettre à la portée du
néophyte)

Christw 21/10/2012 09:56



Oui j'ai trouvé chez vous une belle critique positive. Je ne sais si je ferai un billet, mais vraiment je découvre la dedans beaucoup de notions qui touchent à l'édition, à la fabrication des
livres qui ont une résonance étonnante à notre époque du numérique.


Et comme vous dites, pas besoin d'être diplômé de Harvard.



Bonheur du Jour 20/10/2012 17:31


J'aime le beau papier de certains livres quand il faut en couper les pages. J'ai un très joli coupe-papier en ébène.

Christw 20/10/2012 17:41



Le papier qui sent bon, les beaux objets, les petits moments modestes et incomparables...  



Dominique 20/10/2012 11:14


J'aime bien cet extrait mais globalement j'ai vraiment été intéressé par le livre. 

Christw 20/10/2012 11:24



Je trouve que les livres deviennent déplorables du côté du papier et de la reliure.


C'est bâclé en général. 


 


Au-delà de cela, il y a dans ce livre beaucoup d'idées et d'anecdotes qui méritent le détour. 


 


 



Me Contacter:

  • : Marque-pages
  • : Livres - Littérature - Christian WERY
  • Contact

Rechercher

Tous les livres sur

babelio.jpg