21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 09:00

 

Dans les derniers mois, ce blog n'a pas choisi l'optimisme, le facile, le serein. Depuis le réel trop abrupt qu'on fuit dans l'illusion jusqu'aux philosophes tristes, en passant par les difficultés communautaires de la Belgique ou les amours défuntes d'un romancier du pays, l'impression générale peut ressembler à une complaisance dans ce qui dérange, ne prête pas à sourire. Changeons le cap ces quelques prochains jours.

 

L'endroit du décor, travail d'un homme optimiste, est désormais achevé au rythme d'un chapitre chaque matin, studieusement, parfois repris en cours de journée, car intégrer la philosophie n'est pas facile, il faut laisser la parole reposer, reprendre à une lumière renouvelée, à une heure autrement éclairante. Ce livre rassemble des articles de Raphaël Enthoven parus dans Philosophie Magazine à l'initiative et la contrainte amicale de Fabrice Gerschel (directeur de la publication) et Alexandre Lacroix. Près de la fin, la joie, thème bien de l'auteur, à contre-courant des philosophes sombres.  

 

Extrait (dialogue fictif page 146):

 

- À te croire, la joie est plus sérieuse que la tristesse.

- À tous égards: la joie est le sérieux suprême de ceux qui ne se prennent pas au sérieux, le gai savoir qui ne chasse pas les idées noires, l'art de souffrir sans souffrir de souffrir, la faculté presque animale d'être le contemporain de ses émotions et d'en accueillir les contradictions sans les juger, l'aptitude à vivre et revivre chaque chose comme la matière du livre à venir, la puissance d'une incertitude qui éprouve le devenir comme une promesse renouvelée, qui remplace l'inquiétude par la confiance et les larmes par la méditation, qui oppose à la déception le refus de l'espoir et, ce faisant, obtient du réel davantage qu'il n'offre: tel un deuil réussi qui transforme une perte en occasion de vie, la joie opère la conversion du souvenir en avenir, du chagrin d'amour en littérature, du «devoir de mémoire» en leçon pour demain. En acceptant le présent, elle en fait un cadeau. Loin de fuir le réel ou de nous en distraire, la joie porte le témoignage de la vie au cœur même du malheur. [...]. 


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Raphaël Enthoven sera à Liège le 16 janvier prochain à l'occasion d'une conférence sur l'art du réenchantement de Proust.

 

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Dans les prochains jours, restez ici en compagnie de quelques divertissements quotidiens autour du livre. Profitez des fêtes, soyeux joyeux !

 

À bientôt.

 

 

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commentaires

Pascale 22/01/2014 08:58

Pardon, Matière première et non Matin première.

Christw 22/01/2014 09:51



Désolé, c'est moi qui ai lu trop vite et pensais à l'émission de la radio belge, qui d'ailleurs ne me semblait pas tout à fait convenir aux propos habituels du professeur de philosophie.  


Merci pour le titre que vous me conseillez, je ne connais pas.


Bonne journée !



Pascale 22/01/2014 08:57

Non, Matin première est le titre d'un de ses livres que je vous conseille...

Pascale 21/01/2014 23:46

Schiffter, Enthoven (beaucoup aimé "Matière première"), Delacroix, du beau monde ! Pas lu cet ouvrage, merci.

Christw 22/01/2014 06:54



Tiens Enthoven est venu à Matin Première ? À l'occasion de son passage  pour les grandes conférences le 16 janvier j'imagine. J'y ai assisté: quel talent !


Merci d'avoir laissé un mot ici Pascale. 



Annie 23/12/2013 15:47

Quel beau thème, la joie ! Heureuse de la trouver ici. C'est pour moi certainement le plus grand des courages. Très bonnes fêtes, Christian !

keisha 23/12/2013 07:53

Hum, je devrais bien l'emprunter, celui ci. J'avais lu la moitié environ d'un autre titre. Je suis aussi tombée par hasard à la télé sur une émission où il parle philo avec un autre en déambulant
(les péripatéticiens ne sont jamais loin), c'était absolument fascinant et bien fait!

Tania 21/12/2013 18:56

Belle évocation de la joie, un mot si beau, encore plus que bonheur et infiniment plus que plaisir - même si celui-ci n'est pas à dédaigner. (J'ai détesté qu'une marque de voitures allemandes fasse
de "joie" le mot-clé d'une campagne publicitaire, ce qui me choquait à chaque fois.)
Le Dictionnaire amoureux de Proust n'est pas encore arrivé sous mon sapin, mais je l'ai à l'oeil.
Je vous souhaite de joyeuses fêtes en bonne compagnie. A bientôt.

Christw 21/12/2013 19:08



Avec Enthoven, on est aux antipodes d'un Schiffter que j'apprécie pourtant beaucoup (paradoxe à revoir...). 


Tout le chapitre sur la joie, quatre bonnes pages, est à relire. Et à garder en tête: ... la joie est aux antipodes des petits plaisirs qui tuent le temps.  


 


Si je vois le père Noël en chemin, je lui rappelle de ne pas oublier votre Dictionnaire proustien.


Bonnes fêtes !



colo 21/12/2013 15:59

Passez de bonnes fêtes, je vous suivrai avec joie!

Christw 21/12/2013 16:07



Merci pour tout Colette, bonnes lectures, joyeuse fêtes !   



Aifelle 21/12/2013 13:45

Je vous accompagnerai volontiers dans la joie, il en faut pour compenser le flot de nouvelles désastreuses. Et bonnes fêtes de fin d'année, les voilà très proches maintenant.

Christw 21/12/2013 14:01



Pareillement Aifelle, fêtez bien Noël, saluez l'An Nouveau et je vous retrouve bientôt !



Dominique 21/12/2013 09:17

Je serai présente un peu en pointillé préparatifs de fête obligent mais je viendrai à coup sûr m'imprégner un peu de joie

Christw 21/12/2013 09:26



Je serai absent les prochains jours (un peu chez vous mais très au nord) et vous laisse donc avec quelques sourires, en espérant que vous vivrez de belles fêtes, Dominique. Merci d'être toujours
présente ici, autour des livres, c'est une joie aussi cela, et parfois même un réconfort.


Bons préparatifs !



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