8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 07:00

 

...à l'exception des aveugles et amblyopes, les hommes ne lisent pas, ni les proses ironiques, sarcastiques et même peu narratives, ni rien d'autre non plus; ils sont devenus de froides machines efficaces, de fonctionnaires zélés du système en vigueur entièrement appliqués à leur tâche, ne goûtant la volupté d'être que dans le jeu fluide des combinaisons et des rouages la musique des moteurs, la circulation du ballon —, incapables de recueillement et de solitude, farouchement anti-intellectuels, définitivement perdus pour la littérature. Leur intérêt ne s'éveille que lorsqu'il est généré par leur capital. (Et parce qu'ils ne leur prêtent pas main-forte et qu'ils les laissent écluser seules toute la production littéraire, c'est aux femmes qu'il revient de lire les mauvais livres aussi bien que les bons.)

 

Éric Chevillard - L'auteur et moi (Les Éditions de Minuit)

 

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commentaires

la bacchante 10/01/2013 07:58


Mon préféré: du hérisson.


Grande admiratrice de l'autofictif.

Christw 10/01/2013 08:25



@ La Bacchante: Chouette ! Je note Du hérisson, je me demandais que lire de lui après. 



la bacchante 09/01/2013 20:13


Ce roman-là fait partie de mes prochaines lectures.

Christw 10/01/2013 04:53



@ La Bacchante: Vous connaissez alors Éric Chevillard, pour l'avoir déjà lu ? Je devrais bientôt publier un billet sur L'auteur et moi. Très différent de ce qu'on lit habituellement, un
anti-roman.


J'ai aussi découvert l'Autofictif, ce blog tenu chaque jour par l'auteur: surprenant, vraiment
différent. Je le suis avec intérêt.  


 



Tania 08/01/2013 17:06


Merci pour ces liens, c'est donc un phénomène assez récent. Il y a tant de facteurs à prendre en compte pour comprendre cette évolution (école, éducation, mode de vie, société...) que cela
devrait inspirer une sérieuse étude sociologique.


Je souris quand je lis les préférences supposées des unes et des autres, en pensant à mon père qui lisait du pur divertissement (aventures, policier, espionnage) et s'inquiétait de mes lectures
trop sérieuses !


En tout cas, merci pour vos recherches et ce dialogue.

Christw 08/01/2013 17:12



@ Tania: merci aussi, je ne crois pas qu'à notre niveau nous trouvions les réponses que les sociologues se posent encore, mais déjà quelques pistes, et c'est très bien ! 


 


Bonne soirée. 



Tania 08/01/2013 15:07


Toujours intéressante, Danièle Sallenave. J'ai aimé son essai sur la littérature, "Le don des morts".


Le sujet de la disproportion entre lectrices et lecteurs est complexe. D'autres questions me viennent. Est-ce un fait récent ? universel ? N'y a-t-il pas aussi, dans notre société souvent
matérialiste, une pose "anti-intellectuelle" ?

Christw 08/01/2013 16:32



@ Tania: À la première de vos questions, j'ai réponse, pour la France en tous cas, le renversement de tendance a eu lieu autour du début des années 80: les femmes ont commencé à lire plus. Je me
base sur cet article de
l'Express. 


 


Chez Delphine Books (la dame qui gère les publications du club des lecteurs numériques), j'ai trouvé ce post intéressant.


 


L'attitude anti-intellectuelle est quelque chose que je ressens chez beaucoup, pas seulement chez les hommes ou les jeunes. (Parfois je me dis que je le suis un peu trop à force de vouloir tout
comprendre et expliquer). 


 



Tania 08/01/2013 09:28


Paf !


Pas tous "définitivement perdus", heureusement.

Christw 08/01/2013 09:55



Heureusement non, Tania, et Chevillard caricature bien dans sa fiction (il y constate, en tant qu'auteur, de n'avoir que des lectrices, ce que je démens absolument ).


 


Je parcours la toile à la recherche d'avis sur le sujet lecture hommes/femmes. J'ai trouvé entre autres ceci sur France Culture.



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