7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 06:36

 

Chaque année le photographe en herbe soumettait une pile de ses meilleurs tirages à un vieux photographe célèbre dont il attendait ensuite le verdict. Chaque année le vieillard examinait ces tirages, puis les classait conscienceusement en deux piles, les bons et les mauvais. Chaque année le vieillard classait certaines photos de paysage dans la pile des mauvais tirages. Il finit par se retourner vers le jeune-homme pour lui dire:

 

   - Vous me soumettez ce paysage chaque année, et chaque année je le pose sur la pile des mauvaises photos. Pourquoi l'aimez-vous tant ?

 

Le jeune photographe répondit:

 

  - Parce que, pour prendre cette photo, il m'a fallu gravir une montagne.

 

(....)

 

Combine de livres lisons-nous, dont l'auteur n'a pas eu le courage de couper le cordon ombilical ? Combien de cadeaux ouvrons-nous où l'écrivain a négligé de retirer l'étiquette du prix ? Est-il nécessaire, est-il courtois que nous apprenions ce que cela a coûté personnellement à l'auteur ?

 

 

Annie Dillard - En vivant, en écrivant (Christian Bourgeois)

 

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colo 09/12/2012 12:13


La reconnaissance de l'effort est une vaste question. Si je me situe dans le domaine de l'éducation que je connais bien, j'aime beaucoup le système anglo saxon 8entre autres) qui note à l'école
autant le résultat que l'effort: ceci constitue un bel encouragement pour l'étudiant, une bonne indication pour leurs parents aussi.


Mais ceci est vrai dans tous les domaines. J'y pense parfois en préparant simplement un met délicat...si vite avalé!!!


Belle journée à vous.


 

Christw 09/12/2012 12:44



@ Colo: Ma compagne me fait souvent cette remarque au sujet de la cuisine. Je la comprends. Et je comprends tout à fait que l'effort doive être valorisé car il est souvent sous-estimé. Dans
l'enseignement, il doit être apprécié.


 


C'est aussi pourquoi j'ai tenu à souligner ce passage interpelant d'Annie Dillard: lorsqu'il s'agit de soumettre une réalisation au public, l'objectif est autre. L'auteur ne devrait pas tirer sur
la manche du spectateur pour lui glisser à l'oreille que c'est beau, bon car c'était long ou pénible à réaliser.


Si c'est bien, le public cherchera à en savoir plus et le moment sera plus propice pour évoquer le making-of. 


 


N'hésitez pas à vous manifester si vous pensez autrement. Cela fait partie des bénéfices d'un blog !


Merci d'enrichir la discussion et à bientôt.


 



Telle 07/12/2012 08:10


la photo est pour le photographe un moment d'émotion. parfois on est accro à l'une qui ne plaît à nul autre.. comme les écrits il faut les laisser rebondir..différemment au loin..


ne pas lire les biographies

Christw 07/12/2012 11:45



Le problème est que l'on tient fort à une photo parce que l'on a dépensé de temps et de l'énergie pour la réussir (c'est mon cas parfois). Mais considérée hors contexte, l'image n'a rien de
particulier, elle est ordinaire. Et l'on s'étonne pourtant qu'elle ne recueille pas d'intérêt.


Les autres ne sont pas censés savoir que j'ai attendu 8 heures (plusieurs jours parfois) pour photographier un oiseau capricieux... 


Comme vous dites, laisser rebondir... le cordon coupé. 


Bon week-end Telle. J'irai de temps en temps voir vos images.


 



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