12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 05:38

 

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Il est des moments où le nom d'un blog trouve amplement sa justification. Ainsi ce Jusqu'à Faulkner de Pierre Bergounioux (L'un et l'Autre, Gallimard) dans lequel je musarde cet été est truffé de marque-pages1: je n'en suis pas au tiers de la lecture et il paraît tel un atoll de beaux instants de réflexion émergeant de l'accalmie livresque estivale. 

Aussi et afin de ne pas laisser ce blog dormir trop sous les rayons d'un soleil enfin hardi sous ma latitude, il est cette page-ci que je tiens à marquer pour partage:

 

(...). Le reflet qu'on découvre aux pages des livres, quelque imparfait qu'il soit, peut passer pour la réalité. Lire n'est pas une opération neutre, l'enregistrement passif d'un fait préconstitué. Nous projetons notre expérience dans l'image qui naît des caractères imprimés. Nous contribuons dans une mesure décisive à l'évènement très particulier qui mêle des personnages fictifs aux êtres de chair parmi lesquels nos jours se passent, des objets impalpables à ceux, solides, palpables qui mêlent l'espace. Nous corrigeons à notre insu, les approximations ou les lacunes de la narration. D'une indication succincte, d'un nom, d'une simple initiale, K, nous tirons quelque chose, quelqu'un dont la destinée peut nous intéresser au même degré que celle d'un objet matériel, d'une personne vivante. Le travail irréfléchi, correcteur, créateur de la lecture peut s'accomoder d'un matériau médiocre, rectifier l'imperfection des éléments qui ous sont livrés, sur le papier. Ainsi notre vie s'étendra-t-elle au-delà des limites, situées et datées, où elle est cantonnée. C'est miracle qu'une poignée de mots enfermés dans les pages d'un livre contiennent, comme des graines dans un sachet, la promesse d'univers foisonnants, colorés, si persuasifs et détaillés qu'ils rivalisent avec celui que nous habitons à l'enseigne de la réalité.

 

1 Marque-pages virtuels car j'ai depuis longtemps abandonné signets et bouts de papier au profit de rappels et annotations sur liseuse électronique à laquelle je fais entière confiance. (Pour rappel, ma fidèle liseuse Sony PRS-T1, je la cite très volontiers car ceci me vaudra quelques visites supplémentaires sur le blog, de la part de celles et ceux, et ils sont nombreux, en quête d'informations sur les outils électroniques contemporains).

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Publié par Christw - dans Pages marquées
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Dominique 23/08/2012 11:11


Deux fois heureuse de vous lire, pour la bonne idée de prendre des notes sur la liseuse , mais pourquoi je n'y ai jamais pensé alors que je le fais évidement quand je lis un
ebook  


merci merci pour le tuyau


Et encore merci pour ce "jusqu'à Faulkner" adepte de cette collection il m'a complètement échappé et je vais vite réparer l'oublie 


pour info il y a chez Verdier un texte sur Faulkner que j'aime beaucoup : Un été de glycines  de Michèle desbordes  voici ce qu'en dit l'éditeur 



Ceci n'est pas un essai. Ce n'est pas non plus un roman. Sauf à dire que la vie est roman. Alors, que ce qui se trouve
ici en soit un, puisqu'il y est question
 



 de ce qu'il fut, lui, William Cuthbert Faulkner et du comté d'Yoknapatawpha où il vécut, et à ce propos, à propos de lui et de ce comté où je me souviens avoir grandi moi aussi, de
deux ou trois choses que je peux me rappeler, que je vois bouger doucement dans le lointain, dans ces années que je grandissais. " M.D. Par-delà le temps, des bords de Loire à ceux du
Mississippi, une dyade pourpre se dit dans l'éclatement temporel de cet été de glycine. La beauté, sous nos yeux, alors doublement s'écoule.
 




Christw 23/08/2012 18:00



C'est un plaisir de se voir conseiller un ouvrage d'une telle qualité (j'ai lu la presse relative à L'été de glycines). J'avais déjà eu vent de M Desbordes par le prix des auditeurs de la radio
publique belge.


Merci encore ! 



Tania 15/08/2012 15:16


Quelqu'un m'a montré comment il s'y prenait sur Kindle, j'imagine que c'est pareil. Jusqu'à présent, l'univers des livres sur papier me suffit amplement. Un jour, qui sait ?

Christw 15/08/2012 16:28



Selon moi la liseuse numérique est un complément utile et pas du tout indispensable au livre traditionnel. Et peu importe le contenant pourvu qu'on ait l'ivresse...



Tania 14/08/2012 18:58


"C'est miracle", oui, tous les jours ! 


(J'aurais bien aimé voir ce que cela donne, un signet virtuel ou une annotation sur une liseuse.)

Christw 15/08/2012 12:57



@ Tania:  Pour annoter un livre papier, j'utilise la liseuse et son clavier tactile comme un bloc-notes auquel j'ajoute les références des pages, puis j'importe éventuellement le fichier de
notes sur ordi (fichier notepad).


S'il s'agit de marquer/annoter (au clavier ou manuscrit avec stylet) les pages d'un livre numérique, la liseuse prévoit tout cela et la récupération du livre annoté est prévue via le logiciel
dédié.


Si vous souhaitez d'amples infos sur cela (avec images), je vous propose de me communiquer votre adresse mail par la rubrique Contact du blog afin de vous renseigner davantage.



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