12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 06:00

 

J'ai souri récemment devant un dessin qui blâmait les tablettes avec cette légende : La tablette est mauvaise pour les yeux. Vous commencez par lire et finissez par y regarder un film.

 

Pour apporter une autre eau au moulin de ses détracteurs, un article de Philippe Lefait dans le Magazine Littéraire qui évoque le récent livre de Roberto casati Contre le colonialisme numérique chez Albin Michel :  

 

...« l'environnement numérique est devenu hostile pour la lecture des livres ». Les tablettes conçues comme des systèmes de distribution de contenus, en font une distraction parmi d'autres. Ils en perdent leur spécificité : créer avec le lecteur un irremplaçable colloque singulier. L'objet littéraire a un « format cognitif parfait. Il s'acquitte remarquablement bien de sa tâche parce qu'il n'a que lui-même à offrir. Bien sûr, il n'éloigne pas à lui seul la télévision ou Internet, mais grâce à son caractère achevé, il sait à merveille annoncer la promesse d'une rencontre entre l'auteur et le lecteur. Chaque livre est un petit écosystème, une niche écologique où vivent en parfaite symbiose un auteur et un lecteur. En l' achetant, vous faites valoir ainsi un puisant contrat sur l'attention ; le livre s'engage à vous laisser seul avec son contenu de la première à la dernière page». Le philosophe ajoute à sa démonstration la dimension sensuelle et affective de la rencontre. Cette tristesse qui s'installe à la vision de ces quelques pages seulement qui restent à lire !

(Le Magazine Littéraire n°539 de janvier 2014, pages 18-19). 

 

 

franz-eybl-jeune-fille-lisant.jpg Franz Eybl

 

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commentaires

Pascale 13/03/2014 09:19

Je pense Aifelle que c'est déjà le cas et qu'il n'y a pas lieu de juger ces lecteurs-ci plutôt que ceux-là... Je dis ça car on ne lit bien souvent que des textes de penseurs sur les mauvais
lecteurs numériques. C'est devenu la chasse à la sorcière alors que c'est peut-être ce qui sauvera la littérature (bien que je sois persuadée que tant qu'il existera des livres papiers ils auront
leurs lecteurs).

Aifelle 13/03/2014 09:12

Christw, désolée de vous avoir troublé une demi-heure ce matin ! tout est bien qui finit bien. Pascale, je comprends aussi votre point de vue, en fait je crois qu'au fil du temps, chaque support
trouvera sa place et ses lecteurs.

Christw 13/03/2014 09:14



@Aifelle: pas de souci, c'est moi qui ai mal lu !



keisha 13/03/2014 08:53

Un article qu'il me faudrait bien trouver (à la bibli, pour le lire sur papier ^_^)
N'ayant ni tablette ni liseuse, je ne peux guère discuter. Cependant quand je vois mes divagations quand je suis à l'ordi, mieux vaut qu'on ne me propose rien d'autre qu'une page à lire (liseuse ou
papier)
(là je viens de sauter sur le site de la bibli, non, pas encore ce livre présent)

Christw 13/03/2014 09:12



J'ai peur que le livre de Roberto Casati soit difficle à trouver en bibliothèque avant un petit temps. Ici en tous cas. 


Comme vous, je ne saurais lire sur ordi ou tablette, vite distrait ou tenté par ce qui clignote, s'allume, bipe ou existe en silence, là, derrière la fenêtre affichée. Je vais paraître un peu
rétro, mais lire, c'est un peu entrer en prière ou en méditation. Seul à seul.



Tania 13/03/2014 08:40

"Un petit écosystème" : définition originale du livre, de la lecture. La critique des supports numériques est vaine, ils n'empêchent pas de lire, au contraire quand ils proposent de bons textes.
C'est le lecteur qui choisit le texte ou l'image, sur une tablette, dans un magazine, et de pouvoir allier les deux sur l'écran est un formidable atout.
N'ayant ni tablette ni liseuse, je ne peux qu'imaginer ceux qui glissent d'une chose à l'autre et dispersent leur attention - comme dans un magazine ?
L'extrait me rappelle tout de même que j'ai eu pendant tout un temps la une du Monde comme page d'accueil sur l'ordinateur, et que j'y ai renoncé à cause des bannières et vidéos publicitaires qui
la squattaient et gênaient la lecture.

Christw 13/03/2014 08:59



Bonne remarque sur les affichages publicitaires à l'écran ou dans les magazines. Les glissements de l'attention sont faciles. 


Sur ordi, il y a des plugins à ajouter aux moteurs de recherche pour les contenir, essayez AdBlock peut-être.



Pascale 13/03/2014 08:38

Airelle : vous avez raison, je me suis laissée emportée par la colère. Comme vous, je suis une lectrice papier, pour l'instant exclusivement, mais j'ai des tas d'exemples autour de moi qui me
prouvent que la lecture numérique amène de nouveaux lecteurs. Par les temps qui courent, mieux vaut s'en réjouir même si on ne partage pas leur pratique, voilà ce que je voulais dire.

Christw 13/03/2014 09:05



Votre commentaire s'adresse à Aifelle, si je lis bien, mais pour ma part, je vous avais bien comprise Pascale. Et vous avez le droit d'être en colère.



Jeanmi 13/03/2014 07:36

De quoi seront faites les bibliothèques du futur ? Les tablettes sans batteries seront aussi inutiles qu'un livre pour un analphabète...

Christw 13/03/2014 08:23



Même les cœurs fonctionnent sur batteries...  



Aifelle 13/03/2014 06:15

Je ne trouve pas inintéressante du tout cette réflexion de Philippe Lefait, de toute façon ça n'empêchera personne de lire sur écran ! Pour l'instant, je suis trop attachée à l'objet livre pour le
faire moi-même.

Christw 13/03/2014 08:18



Il y a une demie-heure que je m'interroge sur votre commentaire, ne le comprenant pas et un peu effrayé. En fait, j'avais lu pas intéressant" au lieu de pas
inintéressant, l'absence des deux lettres donne un sens totalement différent à vos propos. 


Me voilà rassuré. Attché à l'objet livre, je le suis aussi beaucoup, ce qui n'exclut pas les avantages de la liseuse numérique.  



la bacchante 12/03/2014 21:32

Quand on regarde la télé, on finit rarement par lire un livre!

Christw 13/03/2014 08:20



Ce qui n'empêche pas qu'en lisant un livre, on se fasse son cinéma 



Pascale 12/03/2014 11:09

Pourquoi l'écriture ne soulève-t-elle pas le même débat, entre ceux qui écrivent sur papier et ceux qui le font directement depuis leur clavier ? Parce que c'est un débat stérile, profondément...
Laissons vivre nos diffėrences.

Christw 12/03/2014 12:44



Vous avez raison.



Pascale 12/03/2014 09:50

J'ai une amie qui n'a jamais autant lu que depuis qu'elle possède une liseuse (pour plein de raisons : l'encombrement et le poids car elle est souvent en déplacement ; la facilité de lecture la
nuit dans le noir sans déranger son mari, quand elle est chez elle ; la possibilité de zoomer quand les yeux fatiguent). Ce n'est pas mon cas mais je peux comprendre. Elle s'est lancée dernièrement
dans la relecture de tout Proust. C'est une "nouvelle" lectrice heureuse. Donc les psychologues poujadistes peuvent bien déclarer ce qu'ils veulent, le numérique a parfois du bon.

Christw 12/03/2014 10:22



Merci merci pour cet exemple qui prouve que la réaction épidermique et poujadiste envers le numérique devrait s'interroger d'abord sur les opportunités qu'il offre. 


Idéal pour les classiques tels que Proust.



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