5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 07:00

 

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Éditions Finitude, 2013

 

 

Jean Forton n'aimait pas les mondanités parisiennes et gardait un esprit profondément provincial : c'est sans doute cela qui l'a tenu écarté du Goncourt, auquel il paraissait promis avec Le grand mal (1959) et plus certainement L'épingle du jeu (1960) qui scandalisa les dévots. Un lecteur à l'âme régionale sera attiré par ce discret libraire bordelais au succès posthume, disparu à 52 ans. Sept titres édités chez Gallimard tandis que l'œuvre inédite est révélée  au public depuis une vingtaine d'années par Le Dilettante.

 

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La librairie de Bordeaux.


Un recueil de nouvelles réussi comptera en général un petit pourcentage de perles. Ceci ne signifie pas que les autres récits sont mauvais, il leur manque le clin d'œil malin, la connivence, le truc ou la chute qui en font une friandise qu'on tourne et retourne en tête et qui ouvre des portes sur autre chose à comprendre, à méditer, à savoir. Forton tient facilement ce quota qualitatif : je retiens L'évasion (peut-on se fuir ?), Tom et Virginie (l'euthanasie), Le libraire (beau conte triste de Noël), Angélique (humour). Chacun trouvera lecture selon sa faim, la gamme est large (24 textes).

 

Certains sentiments, certains faits nous visitent si furtivement, si communément que nous ne les voyons pas. Ils ne vaudraient pas l'énergie de les écrire : un écrivain comme Jean Forton donne là sa pleine mesure. Le simple, le quotidien, l'anecdotique deviennent significatifs. On n'en ferait pas un roman, mais quelques pages bien faites leur vont à merveille. Je songe à la nouvelle À l'hôpital , bijou de vécu universel finement observé, qui atteste clairement qu'une bonne nouvelle n'a rien du roman rogné.

 

On regrettera quelques propos misogynes : Mais les femmes sont ainsi : une boucle les émerveille , fût-elle portée par un niquedouille (Les cousins). Il malmène toutefois plus aigrement le mufle masculin dans Nous avons fait un beau voyage. On sera ému par la découverte érotique du jeune Romuald (La révélation) et saisi par l'amour surprenant de Marc pour sa dulcinée mourante (Isabelle).  Et l'on rira bien aussi : demain, l'extrait de la lettre de Démosthène Athanase Leblanc, ministre de la culture de Bokata, à son ancien professeur de littérature.

 

En savoir beaucoup à propos de Jean Forton sur Les Ensablés, le blog de Hervé Bel.

 

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À son décès, Jean Forton a confié ses biens à la Fondation Roi Baudoin.

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commentaires

Annie 10/02/2014 17:13

Tout aussi inconnu pour moi. Pour le découvrir je choisirais plutôt un roman, compte-tenu de mon très faible goût pour les nouvelles. Je vais consulter les références que vous nous donnez. Merci !

Christw 10/02/2014 17:19



Je ne vous donnerai pas d'avis personnel sur les romans puisque je ne les ai pas lus ni encore trouvés en bibliothèque, ce qui ne devrait pas poser de problème. 



Tania 07/02/2014 09:48

Un inconnu pour moi aussi, je vais lire l'extrait tout de suite.

Christw 07/02/2014 11:05



Je ne le connaissais pas plus que vous jusqu'à ces nouvelles trouvées sur le présentoir de bibliothèque.



Aifelle 06/02/2014 03:12

Je suis tout aussi ignorante de cet auteur que Keisha. Ma bibliothèque possède deux titres, je pourrai donc faire sa connaissance. Il y a des sortes de trous noirs médiatiques pour certains
auteurs, on se demande pourquoi ?

Christw 06/02/2014 07:08



Je pense que ce trou noir est dû pour beaucoup à ce côté provincial, discret. Je comprends cela très bien, il faut savoir se vendre, faire parler de soi pour être vraiment médiatisé, et cela ne
date pas d'aujourd'hui. Simenon a su très bien le faire par exemple. 


Je serai quand même content de lire un roman de Forton, question de le juger sur la distance. Question écriture, je n'ai aucun doute sur ses capacités. 


 



keisha 05/02/2014 08:45

J'avoue ma méconnaissance totale de cet auteur... Abondamment présent dans ma bibliothèque, je viens de vérifier sur le site.

Christw 05/02/2014 08:51



Si vous aimez les nouvelles, celui-ci et complet. De mon côté, si je trouve L'épingle du jeu, je l'emprunterai prochainement. Forton écrit bien, c'est malin, simple.



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