17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 05:58

 

Parce que l'écrivain est un être exceptionnel à l'existence exceptionnelle: la quatrième de couverture donne immédiatement le ton espiègle et railleur de cet abécédaire.


Il s'adresse aux jeunes de vingt ou trente ans (d'esprit bien sûr ) qui ambitionnent d'écrire un livre. D'abord envoyer ses manuscrits à un éditeur. ... leur retour avec lettre-type de refus te fera sombrer dans la frustration, puis l'amertume, puis l'aigreur, puis la misanthropie, puis la perte de poids que tu compenseras en bourrant ton caddy au centre commercial Rosny 2.

Et si le livre est édité, ce n'est pas encore gagné: n'a droit au galon d'écrivain que celui qui parle de la façon dont le chœur estime que doit parler un écrivain. Et pour cela il s'agit de puiser dans un corpus de croyances, mythes et superstitions qui ont érigé depuis deux ou trois siècles, sur fond de voûte céleste, une déesse Littérature. Cette idéologie reposerait sur quelques mots clés que ce livre décrit ironiquement.


On est dans la plaisanterie, et s'il arrive que François Bégaudeau aille trop loin (quand, par exemple, il écrit que Pol Pot s'est imprégné, durant ses études à la Sorbonne,  de nos valeurs pour en faire profiter les siens), il égratigne aussi avec un certain bonheur quelques idées reçues sur l'écrivain sacré, le ponte révéré qui traînent leur poids de conservatisme (j'ai voulu dire intégrisme mais nous n'en sommes pas là). Alors sourions avec l'auteur, et puis sait-on jamais, qu'il y ait du vrai dans tout ça, allez savoir, si vous rêvez de la carrière...

 

François Bégaudeau est enseignant de français et journaliste, auteur de Entre les murs et de l' Antimanuel de littératureOn évaluera son analyse du pouvoir de la littérature dans cet entretien à l'occasion du livre de Finkielkraut. Considéré comme un maquisard, il se situe politiquement en opposition avec l'ordre établi, ce qui explique certaines de ses considérations parfois extrêmes sur la littérature et le reste. Autant savoir. 

 

Un petit recueil bien écrit, divertissant et piquant. Demain, un ou deux extraits ici.

 

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 Éditions  Bréal 2011 - 123 pages - 14,90 €

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commentaires

Tania 17/12/2012 19:15


Bégaudeau semble ici plus plaisant que dans l'entretien que vous proposez en lien. Je l'avais entendu à La Grande Librairie à propos de son "Antimanuel", et cela ne m'avait pas donné envie de le
lire. Opposer la matière à l'idée, l'idée au style, je ne comprends pas vraiment les distinctions qu'il fait. Mais je suis bien consciente qu'il faudrait d'abord le lire en entier, donc je
m'abstiens de tout jugement. 

Christw 18/12/2012 06:28



J'avoue que Bégaudeau me pose problème. Vif et lucide, il est cependant provocateur et déstabilisant. Et je n'aime pas la provocation systématique qui relève plutôt de l'extrémisme. 


Relativement à Finkielkraut, je pense que la position de Bégaudeau peut, encore une fois, paraître extrême: je pense surtout qu'il n'aime pas s'ennuyer et préfère des idées diluées dans une
fête narrative (sic). 


Je suis heureux que ce billet vous interpelle, votre avis est éclairant. Qu'un post suscite des réactions critiques et réfléchies me réjouit.    


 



Dominique 17/12/2012 11:04


ce que j'aime le plus : votre illustrration de fin de billet, un bonnet et un beau costume vert, cela ferait du bien à nos académiciens de prendre un peu le large 


je ne connais pas du tout l'auteur mais c'est bon de mettre un peu de légèreté et d'humour car bien trop d'auteurs et de critiques se prennent vraiment trop au sérieux parfois et cela sans qu'il
y est de corrélation entre leurs talents et leurs hautes opinions d'eux mêmes 

Christw 17/12/2012 11:14



C'est cela que j'ai voulu donner, un brin de plaisanterie avec tout cela qui est parfois un peu guindé et finit par faire oublier le plaisir de lire naturellement.


 


La photo est un montage évidemment, je fais cela avec Photoshop. Je crois que vous en faites parfois aussi. 


Bonne semaine.



Bonheur du Jour 17/12/2012 06:15


Je ne suis pas sûre d'avoir envie de lire ce livre. Tant de jeunes veulent écrire et ont des rêves. Pourquoi les réduire en miettes ? Bien sûr, il a raison, Bégaudeau (et j'en sais quelque
chose), essayer d'être éditée est un vrai parcours de combattant - mais au moins, tant qu'on fait cela et qu'on continue à écrire, on ne revoir pas la troupe des débiles mentaux qu'on peut
retrouver sur f....k.


Bonne semaine.

Christw 17/12/2012 07:23



Bégaudeau s'en prend surtout à une forme d'establishment de la littérature, je n'ai pas senti qu'il veuille décourager les vocations.


F...k , je préfère me tenir à l'écart, et mieux vaut écrire ou lire comme vous dites.


Je me remets aussi à la photo ces jours-ci, autre beau passe-temps.


Bonne semaine !


 



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