18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 07:00

 

Je ne peux pas regretter de vivre sans une épouse avec des seins qui saoulent et des yeux qui rincent les yeux, et des jambes lentes et lisses comme une mer qui donne sur l'écume, et des cheveux comme ils viennent, où on range sa tête les soirs de doute, et un sourire de démon calme, un rire à pleurer des oiseaux, des petits doigts jouant dans les miens, puis dans l'air du soir, une belle épouse qui danse et chante parce qu'elle se croit seule, je ne peux plus rêver de connaître ça !

 

Luc Baba - Les sept meurtrières du visage 

       


ph__DN.jpg © Francis GOUBAULT

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Tania 18/01/2014 18:59

"Je ne peux pas regretter de vivre sans..." Ces négations troublent, mais l'évocation de l'épouse est très belle.

Christw 19/01/2014 08:34



La formulation doit être remise dans son contexte. Privé des sens, il n'est plus de mise de rêver de cela. Mais je comprends aussi votre trouble, j'aurais peut-être écrit Je ne peux plus
regretter de vivre sans une épouse qui aurait des seins... 


Bon dimanche.



colo 18/01/2014 12:34

Cet extrait donne une envie folle de lire la suite, le récit complet. L'idée pourtant d'expérimenter la perte progressive des sens, d'en lire les détails me fait frisonner d'horreur.
Est-ce ce que vous avez ressenti en le lisant?
Bon week-end Chritian, pluies ici.

Christw 18/01/2014 12:46



La suite du récit n'est pas vraiment désastreuse pour Basile, même si le pronostic du médecin se confirme bien. Rien de trépidant, mais surtout l'occasion de beaux passages d'écriture et de
réflexions sur une situation extrême.


Je n'ai pas du tout ressenti un quelconque frisson d'horreur, je n'ai pas du tout vu le livre comme cela, c'est une fiction avant tout.  Seuls certains films me font frémir de dégoût. Les
livres me bouleversent rarement de cette façon-là.


S'il faut retenir un ressenti essentiel, c'est le plaisir de la trouvaille poétique, toujours présente avec Luc Baba, comme dans l'extrait ci-dessus.


 


Bon week-end ! Oui j'ai vu des pluies de votre côté, ici c'est doux et ensoleillé ! 


 



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