18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 06:00

 

En écho au personnage de John Banville (Axel Vander dans Impostures) qui affermit un moi singulier (non multiple) dans la relation amoureuse: ...elle représentait ma dernière chance d'être moi. 

 

«C'est un grand malheur, écrit Constant dans son Journal, de ne pas s'aimer assez, de ne pas prendre un intérêt suivi à soi-même.» Il éprouve «un détachement de la vie contre lequel la raison ne peut rien». En bref, il ne croit pas à son existence. Voilà la racine de son mal. Et voici pourquoi il lui faut sans cesse aimer: il trouve par l'amour, qui postule la réalité d'autrui, la preuve d'une existence possible, fût-elle une existence-reflet. L'amour envolé, comment pourrait-il se détacher de l'autre, sans lequel il n'existe plus ? [...]

 

Maurice Nadeau (à propos de Benjamin Constant) - Littérature présente.


 

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Germaine de Staël et Benjamin Constant 

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commentaires

Zoë Lucider 23/05/2013 10:02


Il me semble qu'on commence à exister lorsque notre narcissique ontologique s'efface au profit de l'amour de la vie où qu'elle s'exprime. Mais bon, plus facile à dire qu'à réaliser...

Christw 23/05/2013 14:50



@ Zoë Lucider: J'aime beaucoup l'idée d'amour de la vie que vous évoquez, qui me paraît plus haut quer l'amour d'une ou quelques personnes qui est, au final, son corollaire (parfois narcissique).
 


 


Bien des personnes ont peine à jamais dépasser leur narcissisme et aimer vraiment signifie qu'on l'a dépassé.


Oui, facile à dire...



Pâques 22/05/2013 21:58


N'exister qu'à travers l'autre...


C'est vrai que dans les yeux de l'autre, nos parents au début de notre vie et puis les autres nous voyons une image de nous, différente selon les sentiments et les circonstances...


L'essentiel est invisible pour les yeux.

Christw 23/05/2013 05:21



@ Pâques: Je suis bien votre pensée. Au-delà de notre finitude apparente, que savons-nous de nous, incapables d'imaginer l'infini, cela qui, par définition, n'aurait ni début ni fin ?


 


Notre image dans les yeux de l'autre: merci d'amener ce commentaire fructueux.



Dominique 20/05/2013 17:18


ouh je crois que je n'ai jamais lu Benjamin Constant, un retard à rattraper

Christw 20/05/2013 17:24



@ Dominique: Moi non plus Dominique, en fait il s'agit ici d'un extrait de Littérature présente, un très vieux recueil de critiques de Maurice Nadeau qui revient sur Benjamin Constant, à
propos de ses amours.


 


Un triste lundi de Pentecôte avec cette météo pluvieuse qui ne va pas s'arranger tout de suite ici. 


Bonne semaine quand  même !



Tania 18/05/2013 09:41


Constant dit vrai. Mais "sans cesse aimer" aide-t-il à se trouver, je ne sais. Bonne journée, Christian. 

Christw 18/05/2013 11:55



@ Tania: Constant, incapable de renoncer à Mme de Staël alors qu'il est inacapable de dire non à Cécile, tout cela pour se sentir exister... En effet, ce n'est pas une bonne option, mais qu'y
pouvait cet homme ainsi fait ? 


 


Bonne journée !



colo 18/05/2013 07:43


"La ligne d'horizon de notre connaissance" limitée à l'amour que nous pouvons provoquer, n'exister que par lui...


La question que nous pouvons nous poser est quand même: sommes-nous vraiment nous dans la relation amoureuse? Je me garderai bien d'y répondre bien sûr!


Un temps de mauvais automne sévit ici aussi, un temps pour la lecture. Beau weekend quand même!

Christw 18/05/2013 11:51



@ Colo: Dans la passion, c'est sûr, nous sommes autre. Le personnage d'Impostures s'interroge sur cela également: L'amour ne représente-t-il pas le miroir en or poli dans lequel
nous contemplons notre moi étincelant ?


Vous faites bien de ne pas répondre à toutes ces questions, et si je tente d'en approcher les contours, je laisserai les spécialistes émettre des certitudes.


 


Temps maussade toujours, c'est triste, ici, de ne compter que sur trois mois (à peu près) potable. J'espère que vous commencez à aller bien, Colo. 


Bon week-end ! Bonnes lectures.



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