9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 08:40

Livre de Poche n°14646, 284 pages

 

783px-Fernand_Cormon_005.jpg                           La bataille d'Essling (1809) par Fernand Cormon

 

Balzac s'était promis d'écrire cette bataille napoléonienne, ses trop nombreux projets l'en ont empêché:

 

Là j'entreprends de vous initier à toutes les horreurs, à toutes les beautés d'un champ de bataille; ma bataille, c'est Essling. Essling avec toutes ses conséquences. Il faut que, dans son fauteuil, un homme froid voie la campagne, les accidents de terrain, les masses d'hommes, les événements stratégiques, le Danube,... ; vous lirez à travers la fumée, et, le livre fermé, vous devez avoir tout vu intuitivement et vous rappeler la bataille comme si vous y aviez assisté.

 

Ce que promettait Honoré, reconnaissons que Patrick Rambaud l'a totalement réussi.

 

Au départ peu intéressé par les romans historiques, encore moins par les expéditions guerrières impériales de Bonaparte, ce livre n'avait aucune chance de me satisfaire. Néanmoins j'étais curieux de ce qu'étaient ces batailles-là, avec des chevaux, des sabres et des boulets. L'auteur s'appuie sur une multitude de sources historiques (décrites en appendice du roman) pour dresser le vaste tableau de cette empoignade de trente heures. Il fait revivre devant nos yeux Napoléon et ses généraux, grognards et uhlans, uniformes, couleurs et horreurs, mais aussi quelques célébrités telles que l'étonnant peintre et alors colonel Louis François Lejeune, ainsi que le tiède soldat Henri Beyle, pas encore Stendhal. La part de fiction semble limitée; je cite Rambaud dans ses notes :


Un roman historique, c'est la mise en scène de faits réels. Pour cela, à côté des maréchaux et de l'Empereur, j'ai dû placer des personnages imaginaires; ces derniers participent au rythme et aident à la reconstitution. J'ai inventé le moins possible, mais il fallait souvent partir d'une indication ou d'une phrase pour développer une scène entière.

Un historien, disait Alexandre Dumas, défend son point de vue et choisit les héros qui servent sa démonstration. Il ajoutait que seul le romancier est impartial : il ne juge pas, il montre.

 

La bataille d'Essling (45.000 morts) est le match nul qui a précédé de presque deux mois la victoire française de Wagram sur les Autrichiens. Napoléon y a été contraint de se replier suite aux difficultés pour amener des renforts par les ponts jetés sur le Danube.

 

Le roman a obtenu en 1987 le Prix Goncourt et le Grand Prix du roman de l'Académie française. Un beau travail de reconstitution.

 

06-Vue_d_un_bivouac_de_l_Empereur_avant_la_bataille_d_Auste.jpg                           Le bivouac d'Austerlitz par Louis François Lejeune

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commentaires

Colo 09/11/2012 12:45


Ma curiosité à moi m'a amenée il y a plus ou moins un an à lire deux volumes sur la Guerre d'Espagne. Pas férue d'histoire, ces lectures, si diffŕentes côté français ou espagnol évidemment, m'ont
énormément intéressée. Votre bataille devrait le faire également donc.


Belle journée à vous.


 

Christw 09/11/2012 12:57



La curiosité peut nous pousser à des découvertes inattendues et enrichissantes. Même - et surtout peut-être - en sortant de nos sentiers battus.


Merci pour votre avis !



Tania 09/11/2012 09:15


Un sujet qui ne m'attire guère, mais votre curiosité récompensée m'aidera peut-être à l'aborder.

Christw 09/11/2012 09:49



Lorsque j'écris un billet ici, je fais simplement état d'une rencontre plus ou moins bonne avec un ouvrage et ma seule ambition est de la partager, pas de conseiller.  


Ma curiosité satisfaite, je ne souhaite pas poursuivre avec ce genre de sujet qui continue, je l'avoue, à ne pas plus m'attirer que vous !


 


Merci pour votre passage sur mon site photo Tania. La galerie Billebaude se verra bientôt attribuer un blog séparé: il me semble que mes photos dites artistiques se marient mal avec la photo
documentaire. A bientôt.


 


 


 



Dominique 09/11/2012 09:04


En cette année anniversaire de la Campagne de Russie c'est une bonne idée que de faire ressortir ce roman


je l'ai lu il y a pas mal de temps mais mon souvenir est encore assez précis et j'avais bien aimé 

Christw 09/11/2012 09:52



Je dois avouer qu'il y quelque chose de fascinant dans ces guerres à pied et à cheval. Les détails de l'intendance par exemple sont époustouflants.


Pas mon genre de lecture habituel mais un détour réussi. 



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